Pierres angulaires de l’épargne des Français, les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune) ont vu leurs taux de rémunération évoluer une nouvelle fois au 1er février 2026. Tour d’horizon de ces placements sécurisés, défiscalisés, mais dont le rendement s’effrite face au reflux de l’inflation.
La liste des principaux livrets réglementés et leurs taux au 1er février 2026
| Livret A / Livret Bleu | LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) | LEP (Livret d’Épargne Populaire) | Livret Jeune | |
|---|---|---|---|---|
| Taux au 1er février 2026 | 1,5 %(1,7 % au 1er août 2025) | 1,5 %(identique au Livret A) | 2,5 %(2,7 % au 1er août 2025) | 1,5 % min.(fixé librement par les banques mais au moins égal à celui du Livret A) |
| Plafond | 22 950 € | 12 000 € | 10 000 € | 1 600 € |
| Public | Tous les particuliers | Tous les particuliers | Sous conditions de revenus | 12-25 ans |
Comment sont calculés et actualisés les taux de rendement ?
La Banque de France est chargée de calculer, et de proposer tous les 6 mois au ministère de l’Économie et des Finances, les taux de rémunération des livrets d’épargne réglementée comme le livret A ou le livret d’épargne populaire. Ces taux sont fixés par des formules de calcul réglementaire, prenant en compte la moyenne du taux interbancaire de la zone Euro et l’évolution moyenne de l’indice des prix à la consommation.
Concrètement, les taux sont fixés selon une formule de calcul détaillée dans l’arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d’intérêt des produits d’épargne réglementée. Cet arrêté précise également que la Banque de France peut proposer au ministre chargé de l’Économie de moduler la révision du taux résultant de ce calcul.
Le LEP bénéficie d’une règle particulière : son taux d’intérêt annuel est au minimum égal à celui du Livret A majoré d’un demi-point (0,50 %). En février 2026, les pouvoirs publics ont d’ailleurs fait jouer cette dérogation : la rémunération du LEP s’établit à 2,5 % à compter du 1er février, au lieu de 1,9 % selon la formule de calcul réglementaire. De même pour le Livret A : si la Banque de France avait scrupuleusement suivi la formule de calcul, celui-ci aurait eu un taux de 1,4 %. Toutefois, le ministre de l’Économie, a décidé de suivre les recommandations de la Banque de France en arrondissant le taux à la hausse, soit 1,5 %.
Fréquence des mises à jour
Les taux sont révisés deux fois par an, au 1er février et au 1er août, sur la base des données économiques (inflation et taux interbancaires) du semestre précédent. Le taux évolue deux fois par an selon une formule intégrant l’inflation et les taux courts monétaires. Le calcul de février 2026 a notamment été établi sur la base de l’inflation provisoire de 0,8 % en décembre 2025 (soit une moyenne de 0,9 % sur le second semestre) et de l’€STER, indicateur central dans le calcul du Livret A, qui s’est stabilisé autour de 1,94 % en fin d’année.
En cas de fortes variations de l’inflation ou des taux de marché, des révisions exceptionnelles peuvent également intervenir le 1er mai ou le 1er novembre.
Avantages et Inconvénients
Les points forts
- Sécurité : le capital est garanti par l’État.
- Fiscalité attractive : Les intérêts du Livret A, LDDS et LEP sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
- Disponibilité immédiate : L’argent présent sur ces livrets peut être retiré à tout moment.
Les points faibles
- Un rendement en chute libre : depuis août 2023, la trajectoire est nette : 3 % jusqu’en janvier 2025, puis 2,4 %, 1,7 %, et désormais 1,5 %. En moins de trois ans, le rendement a été divisé par deux.
- Des plafonds limitants : une fois atteints, plus aucun versement n’est possible (seuls les intérêts continuent de capitaliser).
- Unicité : Il est interdit de posséder plusieurs Livrets A ou LEP par personne (le fisc contrôle désormais systématiquement via le fichier FICOBA).
- Des conditions d’accès strictes pour le LEP : le LEP est destiné spécifiquement aux personnes aux revenus modestes. Pour en ouvrir un, il faut remplir certaines conditions liées au domicile fiscal et aux revenus.
Conclusion
En 2026, les livrets réglementés conservent leur rôle d’outils de précaution, mais leur faible rendement et leurs plafonds limitants incitent de plus en plus d’épargnants à s’orienter vers les contrats d’assurance-vie et de capitalisation.